16.10.2008
4ème licence 3G : les historiques raflent la mise !
avais donc bien fait de parler de "lobbying" et d'"influence" dans ce marché de dupes qu'est la 4ème licence mobile... Après que l'ARCEP ait pourtant rendu un avis très favorable à une ouverture de la concurrence (voir leur rapport complet suite aux consultations publiques effectuées depuis cet été), le camouflet vient de tomber, dans une news du JDN qui reprend Le Figaro, on n'attend plus que son officialisation lundi 20 mais c'est du tout-cuit : la 4ème licence m
obile de téléphonie mobile 3G sera dépecée en blocs et réservée aux opérateurs existants. C'est à dire ceux-là même qui ont assiégé le gouvernement et l'Elysée pour éviter l'attribution de la 4ème licence à un nouvel entrant qui aurait probablement bousculé leurs grilles tarifaires.
Les grands mouvements de manche de Xavier Niel (voir ici ou là pour plus d’infos sur leur stratégie de communication), les demandes toutes justifiées des opérateurs alternatifs intéressés, et bien il faut croire qu’une main sur l’épaule dans une coulisse fait plus d’effet. Comment croire en effet un seul instant que cette volonté affichée par le gouvernement ne soit pas le résultat d’un lobbying effréné, alors que le pouvoir d’achat des Français exige de la concurrence dans un secteur verrouillé par des proches de l’Etat (Bouygues est un quasi-parent de Sarkozy, France Telecom a pour actionnaire l’Etat), et où les prix sont plus chers qu’ailleurs en Europe.
D’autres belles idées mourront avec cette décision purement politique, comme celle de la couverture du territoire (pourquoi les opérateurs existants se réveilleraient-ils maintenant ?), de la fracture numérique, de la stimulation du marché…
Les victimes ? On pense de prime abord à Free, qui s’était déjà cassé les dents en 2007, alors seul candidat, mais sans moyens financiers suffisant… re-belote donc cette année pour le groupe, qui exigeait encore un étalement du paiement de la licence (619 millions d’euros à l’achat, plus le double d’investissements). Mais Free a d’autres cordes à son arc (avec le Wimax notamment, mais aussi la fibre optique). Les opérateurs alternatifs sont donc les véritables perdants dans l’affaire, balayés d’un geste de main par un « deal » opérateurs historiques / Etat qui n’arrangera pas les consommateurs.
Car il y a des gagnants, évidemment, et la victoire des historiques est totale, écrasante, si jamais l’annonce officielle du Plan Numérique 2012 (lundi 20, par le Président en personne) confirme les informations du Figaro. Non seulement Orange, Bouygues et SFR voient-ils la menace d’un nouvel opérateur s’éloigner, mais en plus, ils récupèrent le reste du butin, c’est à dire les fréquences en jeu. Si les opérateurs historiques ont réussi ce tour de force, c’est probablement parce qu’ils ont accepté la contrepartie du « deal » : accepter la taxe envisagée par l’Etat pour financer les chaines de télévision publiques, qui perdront d’ici 3 ans les revenus de la publicité.
L’information sera donc officialisée dans le cadre du Plan Numérique 2012 préparé par Eric Besson et présenté par Nicolas Sarkozy ce lundi 20 octobre, un avis différent relèverait du miracle… il n’y a plus qu’à faire les fonds de tiroir et à continuer à jalouser nos voisins européens, tous mieux lotis.
17:56 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 3g, 4ème licence, lobbying, opérateurs historiques
31.08.2008
Du lobbying à tous les étages : bienvenue dans le monde de la 4e licence
Un article intéressant de Gaëlle Macke sur le lobbying de tous les acteurs au sujet de la 4e licence, car, oui, tous en sont, historiques comme alternatifs, à faire courbette et suppliques à "qui il faut" (le gouvernement, en l'occurence). Vu les connexions en haut lieu de tous ces dirigeants, il y a lieu de s'inquiéter ! Alors qu'un appel d'offre suppose de choisir le meilleur, et non pas le mieux connecté (sans jeu de mots), la lutte pour la 4e licence prend un tour politique qui, de mon point de vue, n'apporte rien de bon, si c'est pour faire le même type de "cadeau" que la télé publique sans pub pour faire monter l'action de TF1 (groupe Bouygues)...
Enfin, voici ce qu'en dit la journaliste de Challenges : "l'arbitrage est éminemment politique et le lobbying des Orange, SFR et Bouygues Telecom (dont le propriétaire Martin Bouygues est un intime du président Nicolas Sarkozy) est féroce".
En y regardant de plus près, c'est franchement un bel embrouillamini, cette histoire, si l'on prend les acteurs un par un, on trouve inévitablement des connexions avec les milieux politiques et règlementaires, ce qui n'augure rien de bon.
Bouygues, pour parler du plus évident, c'est tout vu, Martin Bouygues est un grand pote de Sarkozy, ça a la limite c'est son droit, mais quand on voit les cadeaux auxquels le groupe à droit, de la construction de nouvelles prisons eu "transfert" d'une partie de la pub des télés publiques, allez, tiens, pourquoi pas une 4e licence 3G. Quand on voit les "efforts" de Bouygues Telecom pour s'entendre avec Orange et SFR, ça promet au mieux une stagnation des tarifs, au pire la poursuite de leur inflation sans que personne n'y puiss rien dire ! Gaelle Macke avait déjà souligné les risques de collusion entre Bouygues et les décideurs politiques dans un article publié en avril, dont je vous restitue quelques morceaux : "Son lobbying auprès de l'Elysée est connu dans le microcosme des télécoms, où l'on dit que le chef de l'Etat reçoit une lettre par semaine et des coups de fils réguliers de son ami sur le sujet. Les cyniques évoquent un marché: pour compenser son refus d'une fusion entre Areva et Alstom, réclamée par son actionnaire Bouygues, le président aurait fait deux "cadeaux" au patron, soit la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public, favorable à sa filiale TF1... et l'abandon de la 4e licence, pour ne pas déstabiliser son autre filiale Bouygues Telecom." Tout est dit. Et une louche de plus dans une interview d'Edouard Barreiro, en charge des NTIC et des télécoms à l'UFC Que Choisir :"Il faut bien se rendre à l'évidence que les décisions prises à l'Elysée sont fonction des amitiés de Nicolas Sarkozy. Même si les arrangements entre amis ne concernent pas que les télécoms. Tout cela s'explique aussi par le lobbying des opérateurs. Le citoyen ne peut plus tolérer qu'on fasse les lois pour les entreprises…". Eh ben... En tout cas, Si Bouygues est le plus actif en coulisse, c'est que c'est évidemment celui qui a le plus à perdre dans l'histoire.
Les autres opérateurs ne sont pas en reste, SFR-Orange (et Bouygues, toujours), ont su s'entendre comme il fallait par le passé, et peuvent faire valoir auprès des autorités des dizaines de milliers d'emplois à protéger d'une concurrence qui, évidemment, délocaliserait de facto certains éléments en vu de rester "compétitif"... Ils y pensent, à la somme que dépensent les ménages en téléphonie grâce à leurs coups en douce ? Et puis France Telecom n'est-il pas propriété de l'Etat (à 27,3%)
Free également est mis à l'index dans l'article de Gaelle Macke, qui précise, "le directeur général d'Iliad Maxime Lombardini, lui-même infatigable dévoué à la cause dans les couloirs du Parlement et les cabinets ministériels...". Elle sert à quoi l'ARCEP, du coup ? Pourquoi sur un sujet qui devrait :
1. faire rentrer 2 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat
2. diminuer considérablement la dépense télécoms des citoyens
ne pas organiser un référendum ? Nous sommes tous concernés, et le "public" dans son ensemble, gouvernants et gouvernés, avons à y gagner, alors faisons valoir nos droits pour une compétition libre de toute affinité entre personnes bien placées.
16:58 Publié dans lobbying et autres filouteries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lobbying, free, sfr, bouygues, orange, 4e licence




