22.10.2008

4ème licence 3G : les infos du Canard

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Une confirmation du Canard Enchaîné, toujours bien informé, au sujet de la 4ème licence : elle serait belle et bien réservée aux opérateurs existants (que j'ai souvent appelé ici-même les "3 pirates")... C'est en reprenant le discours tout à fait insipide d'Eric Besson, qui ne voulait "ni imposer, ni exclure", un 4è entrant, que le Canard a eu le nez creux : "deux des trois critères d'attribution (la solidité financière et la couverture du territoire) sont taillés sur mesure pour les opérateurs existants", c'est à dire que selon le Canard, les règles du jeu ont été faites de telle façon à répondre aux exigences des 3 pirates ; autant placer la barre très haut, comme ça, au moins, on est pas gêné par les petits... une idée qui fait écho au verbe enjoué et délicat du sieur Martin Bouygues qui tonnait il y a peu : "on a construit un château, c'est pas pour laisser les romanichels venir sur les pelouses".


Le Canard confirme également le lobbying intense dont ont su faire preuve les 3 opérateurs auprès de l'hôte de l'Elysée, qui avait à priori pris sa décision de ne pas inviter un 4è convive autour du gros gâteau bien dégoulinant de la 3G (30% de marge, comme dans le luxe). Si l'Elysée a voulu faire porter le chapeau à l'ARCEP, poursuit le Canard, c'est raté, puisque l'on sait que cette autorité de régulation des télécoms s'était prononcé massivement en faveur d'un nouvel entrant (un contre-lobbying du côté de chez Xavier, peut-être ?)... Hélas, trois fois hélas, le président de l'ARCEP sera changé en janvier, et pourrait être moins bruyant.

Je me permets de rajouter ma pierre à l'édifice ainsi construit. Non seulement cette "décision" unilatérale, si elle se confirmait, est tout à fait infâme à plus d'un titre (perte de temps pour tous les acteurs impliqués, non-respect de ce que devrait être un appel d'offres public, pouvoir du prince et de ses amis), mais en plus, elle donne des candidats une image biaisée.

Non, il n'y a pas que les 3 opérateurs existants à être capables de payer la licence rubis sur l'ongle. Des acteurs comme Kertel, dans sa réponse à la consultation publique de l'ARCEP, ont rejeté l'idée d'un paiement étalé ou négocié, certes, quand on voit la taille du groupe, ça fait un peu penser à la grenouille qui se prenait pour un boeuf, mais l'histoire des entreprises, des raids, et des stratégies de 2nd tour nous ont montré depuis longtemps qu'en stratégie d'entreprise, la taille était probablement l'un des critères les plus trompeurs.

Par ailleurs, cette annonce risque d'attirer à nouveau les foudres de la Commission Européenne qui avait déjà sanctionné nos 3 pirates pour entente en 2005. Nos voisins européens sont tous mieux logés, les consommateurs n'ont pas à débourser autant. A titre d'exemple, Le Canard s'est amusé à comparer ce qu'un consommateur pouvait faire de 25 euros d'abonnement chez Orange, un opérateur présent partout en Europe. Eh bien pour 60 malheureuses minutes en France, le même consommateur chez le même opérateur mais dans un autre pays aurait droit à 200 minutes (Angleterre, 5 concurrents) et même à 1000 minutes en Autriche (4 opérateurs)...

J'entends comme un vol de pigeons dans leurs cages, pas vous ?