02.10.2008
Quand les Bouygues Boys parlent de la 4ème licence, c'est vite fait bien fait !
C'est juste parce que ça m'a fait rire de voir une info de cette importance pour le groupe Bouygues (dont fait partie LCI, via TF1) traitée de manière aussi chaste :
"Dans un entretien aux «Echos», le Premier ministre François Fillon a déclaré qu'une décision concernant l'attribution d'une quatrième licence de téléphonie mobile de troisième génération (3G) sera prise début 2009. Il a précisé que le gouvernement travaille «d'arrache-pied avec trois objectifs» : obtenir plus de concurrence pour faire baisser les prix et avoir une meilleure offre de services, ne pas brader les intérêts de l'Etat et assurer la couverture maximale du territoire."
C'est tout ce que l'on peut savoir sur la 4ème licence sur le site "d'informations" d'un des principaux opposants à l'attribution d'une 4ème licence... pas bavard, pour une fois ! Bah, c'est pas plus mal, quand ils l'ouvrent...
17:12 Publié dans La fabrique de l'information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bouygues, lci, 4ème licence, 3g
23.09.2008
4ème licence 3G : les candidats
Ayant assez peu de temps en ce moment pour approfondir mes (petites) enquêtes sur la 3G, voici tout de même de quoi alimenter le débat. Aujourd'hui, donc, petit point sur les candidats en lice pour l'acquisition de la 4ème licence. J'avais évoqué précédemment les cas de Bouygues, de Free, mais il faut arriver à voir derrière la partie émergée de l'iceberg. Le 30 septembre, l'ARCEP doit rendre son verdict quant aux modalités de l'appel d'offres, notamment en ce qui concerne le lotissement de la 4ème licence, et l'on sait déjà qu'un découpage en plusieurs petits lots sous certaines conditions permettrait à certains d'entrer sur ce marché très prometteur.
Les historiques : Bouygues, Orange et SFR. Aucun scrupule à les ranger dans le même sac, avec Free en embuscade pas loin, mais son cas est légèrement différent. Les trois grands opérateurs de téléphonie mobile sont à la fois détenteurs de licence 3G (depuis 2001 pour Orange et SFR et 2002 pour Bouygues) et candidats potentiels : l'ARCEP pourrait découper les lots de la 4ème licence de manière à réserver quelques fréquences a
ux historiques, histoire qu'ils ne se sentent pas complètement lésés par l'arrivée d'un éventuel 4ème opérateur. Les trois acteurs font feu de tout bois pour contrer cette arrivée qui briserait leur monopole, et leurs ententes sur les prix.
Le cas de Free. Complètement particulier, on ne peut plus considérer le groupe de Xavier Niel comme un "petit" au vu de sa présence dans l'ADSL (rachat d'Alice cet été), de sa communication tapageuse (les fameux "1000 euros" d'économie, etc), mais ce n'est pas tout à fait un "gros" non plus, n'étant présent que sur l'ADSL pour le moment. Free, déjà débouté l'année passée sur le même dossier, a déjà beaucoup dépensé, et pourrait être débordé entre la stratégie de groupe des historiques et la réactivité des "petits".
Les petits acteurs. C'est ce qui m'intéresse le plus, car la surprise pourrait venir de ce côté-ci. On en trouve un certain nombre, déclarés ou non, je vous les présente de manière exhaustive car l'appel d'offres pour un marché de la taille de la 3G laisse beaucoup de place à la communication... et rien ne garantit qu'un "déclaré" ira réellement à la bataille, ni qu'un "retiré" ne s'aligne pas sur la grille de départ.
Nous trouvons donc dans cette catégorie d'acteurs de petite taille mais très intéressés :
Kertel
, déclaré intéressé à la fin du mois d'août. A rempli la consultation publique de l'ARCEP dans laquelle on sent une forte volonté d'acquérir un lot de cette 4ème licence si les conditions sont favorables. Trop petit ? L'histoire des marchés, de la finance, est pleine de ces acteurs apparemment pas assez armés... et qui finissent par tout rafler. Pour rappel, le chiffres d'affaires de Free avant son entrée dans l'ADSL était comparable à celui de Kertel... quand un trublion finit par chasser l'autre. Pour le cas de Kertel, nous avons même droit à un Oedipe version numérique, Kertel étant une ancienne filiale de... Free. "Tuer le père", comme on dit ! Et avec 18 millions d'utilisateurs de cartes prépayées en France, Kertel , le spécialiste de ce type de cartes, possède une expertise intéressante à faire valoir sur la 3G.
Numéricâble, officiellement "retiré", mais les jeux de communiqués et de rumeurs ne permettent pas de considérer que le groupe s'est retiré pour de bon d'un appel d'offres qui n'a de toute façon pas encore lieu. Attendons de voir. En janvier, Numéricable était toujours perçu comme le principal adversaire potentiel de Free, et comme le groupe n'a pas réussi à racheter Free, il n'a plus le choix, stratégiquement : la 4ème licence ou un rachat prochain...
Virgin, fort d'un million d'abonnés sur le mobile, a déjà croisé le fer avec Free, et refuse d'être considéré comme hors-jeu. Après avoir démonté le calcul des 1000 euros d'économie de Free, Virgin a aussi su contrer les attaques de Free sur la non-rentabilité des MVNO. Virgin s'est déclaré favorable à l'attribution d'une 4ème licence.
Bolloré est également un candidat possible. Unique détenteur d'une licence Wimax nationale, le groupe a du savourer son coup quand l'Union Internationale des Télécoms a décidé que le Wimax était désormais un standard de la téléphonie 3G... Bolloré a donc une carte à jouer !
Les candidats sont donc très nombreux, et contrairement à ce qu'estime Free qui s'est auto-proclamé seul candidat officiel en lice, la partie sera probablement beaucoup plus animée qu'un simple duel "historiques vs. Free".
12:34 Publié dans Les candidats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 4ème licence, 3g, orange, bouygues, sfr, free
31.08.2008
Du lobbying à tous les étages : bienvenue dans le monde de la 4e licence
Un article intéressant de Gaëlle Macke sur le lobbying de tous les acteurs au sujet de la 4e licence, car, oui, tous en sont, historiques comme alternatifs, à faire courbette et suppliques à "qui il faut" (le gouvernement, en l'occurence). Vu les connexions en haut lieu de tous ces dirigeants, il y a lieu de s'inquiéter ! Alors qu'un appel d'offre suppose de choisir le meilleur, et non pas le mieux connecté (sans jeu de mots), la lutte pour la 4e licence prend un tour politique qui, de mon point de vue, n'apporte rien de bon, si c'est pour faire le même type de "cadeau" que la télé publique sans pub pour faire monter l'action de TF1 (groupe Bouygues)...
Enfin, voici ce qu'en dit la journaliste de Challenges : "l'arbitrage est éminemment politique et le lobbying des Orange, SFR et Bouygues Telecom (dont le propriétaire Martin Bouygues est un intime du président Nicolas Sarkozy) est féroce".
En y regardant de plus près, c'est franchement un bel embrouillamini, cette histoire, si l'on prend les acteurs un par un, on trouve inévitablement des connexions avec les milieux politiques et règlementaires, ce qui n'augure rien de bon.
Bouygues, pour parler du plus évident, c'est tout vu, Martin Bouygues est un grand pote de Sarkozy, ça a la limite c'est son droit, mais quand on voit les cadeaux auxquels le groupe à droit, de la construction de nouvelles prisons eu "transfert" d'une partie de la pub des télés publiques, allez, tiens, pourquoi pas une 4e licence 3G. Quand on voit les "efforts" de Bouygues Telecom pour s'entendre avec Orange et SFR, ça promet au mieux une stagnation des tarifs, au pire la poursuite de leur inflation sans que personne n'y puiss rien dire ! Gaelle Macke avait déjà souligné les risques de collusion entre Bouygues et les décideurs politiques dans un article publié en avril, dont je vous restitue quelques morceaux : "Son lobbying auprès de l'Elysée est connu dans le microcosme des télécoms, où l'on dit que le chef de l'Etat reçoit une lettre par semaine et des coups de fils réguliers de son ami sur le sujet. Les cyniques évoquent un marché: pour compenser son refus d'une fusion entre Areva et Alstom, réclamée par son actionnaire Bouygues, le président aurait fait deux "cadeaux" au patron, soit la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public, favorable à sa filiale TF1... et l'abandon de la 4e licence, pour ne pas déstabiliser son autre filiale Bouygues Telecom." Tout est dit. Et une louche de plus dans une interview d'Edouard Barreiro, en charge des NTIC et des télécoms à l'UFC Que Choisir :"Il faut bien se rendre à l'évidence que les décisions prises à l'Elysée sont fonction des amitiés de Nicolas Sarkozy. Même si les arrangements entre amis ne concernent pas que les télécoms. Tout cela s'explique aussi par le lobbying des opérateurs. Le citoyen ne peut plus tolérer qu'on fasse les lois pour les entreprises…". Eh ben... En tout cas, Si Bouygues est le plus actif en coulisse, c'est que c'est évidemment celui qui a le plus à perdre dans l'histoire.
Les autres opérateurs ne sont pas en reste, SFR-Orange (et Bouygues, toujours), ont su s'entendre comme il fallait par le passé, et peuvent faire valoir auprès des autorités des dizaines de milliers d'emplois à protéger d'une concurrence qui, évidemment, délocaliserait de facto certains éléments en vu de rester "compétitif"... Ils y pensent, à la somme que dépensent les ménages en téléphonie grâce à leurs coups en douce ? Et puis France Telecom n'est-il pas propriété de l'Etat (à 27,3%)
Free également est mis à l'index dans l'article de Gaelle Macke, qui précise, "le directeur général d'Iliad Maxime Lombardini, lui-même infatigable dévoué à la cause dans les couloirs du Parlement et les cabinets ministériels...". Elle sert à quoi l'ARCEP, du coup ? Pourquoi sur un sujet qui devrait :
1. faire rentrer 2 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat
2. diminuer considérablement la dépense télécoms des citoyens
ne pas organiser un référendum ? Nous sommes tous concernés, et le "public" dans son ensemble, gouvernants et gouvernés, avons à y gagner, alors faisons valoir nos droits pour une compétition libre de toute affinité entre personnes bien placées.
16:58 Publié dans lobbying et autres filouteries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lobbying, free, sfr, bouygues, orange, 4e licence
02.05.2008
Les trois toujours d'accord pour être pas d'accord avec Free
Une info du Net qui illustre bien la mauvaise volonté harmonieuse des 3 opérateurs historiques au sujet des nouveaux entrants :
"Le trublion de l’Internet s’était vu refuser sa candidature (la seule) aux enchères pour la quatrième licence 3G en octobre dernier par l’ARCEP. Mais le gouvernement semble désormais se tourner vers une attribution découpée selon les fréquences. Cela obligerait donc Free à s’allier avec un opérateur pour lui apporter ses fréquences. Un moyen pour l’actuel FAI de lancer rapidement une offre mobile.
Mais les trois opérateurs en place on refusé la proposition de location de Free à moins de deux centimes la minute, représentant selon lui le coût de la production plus une marge. « Nous ne sommes pas fermés à l’idée de louer le réseau d’un opérateur mobile existant, mais uniquement si cela nous laisse une totale liberté quant à la définition et à la gestion de nos offres et si les prix d’accès sont proches des coûts » s’est justifié Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad."

Que dire ? Evidemment qu'ils ont peur, vu comme Free a déjà tiré à la baisse les prix pour Internet. Le copinage de nos trois larrons, que les décisions de justice défavorables ne semblent pas prêt de s'arrêter. C'est parfois le plus scandaleux qui passe le mieux, comme si tout était entendu... à tous les niveaux.
18:10 Publié dans Entente | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orange, sfr, bouygues, free, location
16.04.2008
Le saucissonnage expliqué aux novices
ça vient directement du MagIT, qui tente d'expliquer les dessous du lotissement de la 4eme licence, évidemment, un tel découpage n'est pas neutre, et avantage un certain parrain du fils du président.
Mais les motivations d’un saucissonnage de la quatrième licence 3G n’en restent pas moins floues : Bouygues Telecom, Orange et SFR ne manquent pas de fréquences ; en 2006, l’Arcep les a autorisés à réutiliser les fréquences du GSM pour étendre leur couverture 3G. Le magazine Challenges avance une explication : le magazine indique que « ami personnel de Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues aurait conclu un marché avec l’Elysée. » Au programme, deux cadeaux : « la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public, favorable à TF1… et l’abandon de la quatrième licence [3G]. » De fait, l’attribution d'environ 5 MHz duplex à un nouvel entrant dans la bande étendue des 900 MHz permettrait à Bouygues Telecom de se rapprocher de l’équilibre par rapport à Orange et SFR : ces deux derniers ne disposeraient plus, dans cette bande étendue des 900 MHz, en zone très dense, que d'environ 10 MHz duplex chacun contre 12,4 MHz duplex actuellement, là où Bouygues Telecom se contente de 9,8 MHz duplex en bande étendue. Un chiffre qui ne bougerait pas après la redistribution des cartes consécutives à l'arrivée de Free. Déjà, en août 2008, l’UFC-Que Choisir avait fustigé les conditions financières d’attribution de la quatrième licence 3G, se rangeant du côté de Free : là où Christine Lagarde, ministre de l’Economie, des finances et de l’emploi, invoquait le principe d’égalité entre opérateurs, l’association de consommateur ne voyait qu’un « faux argument qui cache en réalité une protection des opérateurs en place (qui n’ont pas hésité à faire […] un chantage à l’emploi) au détriment des consommateurs. »
Bravo, vraiment. C'était notre série "s'il fallait encore douter", bon week-end quand même.
18:01 Publié dans lobbying et autres filouteries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lots, 4ème licence, tactique, bouygues




