25.10.2008
Hadopi contre la 3G, pensait-il...
Une piste de plus pour tenter de comprendre les enjeux de la 4ème licence 3G, qui n'est pas seulement un "appel d'offres publiques", mais aussi un enjeu de pouvoir, et un instrument de négociation pour les acteurs en présence. Nous avions déjà vu que certains acteurs pouvaient tirer profit du blocage de la concurrence (les opérateurs existants, en acceptant en retour d'être taxés pour financer la télévision publique).
Cette fois-ci, mettons nous un instant dans la peau de Free, qui semble pour l'instant écarté de ce marché au vu des différentes informations de la semaine passée. Car pour Free, la 3G est une finalité, pas un moyen. Sans cette nouvelle carte, et au vu du ralentissement du marché de l'ADSL, les batailles contre les autres opérateurs vont se réveler ardues !
C'est dans cette news d'Univers Freebox (partant à la base d'un papier d'AgoraVox) que l'on voit comment Free avait tenté de négocier sa participation à Hadopi, pourtant son cheval de bataille favori :
"Que s’est-il passé, donc et alors, pour que Monsieur Niel opère pareil virage à 180° la bise venue ?
C’est simple : Monsieur Niel a compris qu’il s’était fait rouler en beauté par la présidence de la république. Comment ? Notamment, en lisant dans le Canard Enchainé que le Président de la République n’avait jamais eu l’intention d’attribuer une quatrième licence 3G, comme on le lui avait fait miroiter, et que pire, Martin Bouygues, ami déclaré de Nicolas Sarkozy, avait de tout temps fait obstacle à cette possibilité auprès du Président, se permettait même de déclarer dans la presse (La Tribune) : "Si je me suis payé un château, ce n’est pas pour que les romanichels viennent camper sur les pelouses".
Voilà qui montre bien s'il le fallait la dimension des interactions autour de la 3G, qui cristallise à elle seule un sacré paquet d'influences, d'intérêt et d'acteurs différents !
20:38 Publié dans histoire de la 4e licence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 3g, 4ème licence
16.10.2008
4ème licence 3G : les historiques raflent la mise !
avais donc bien fait de parler de "lobbying" et d'"influence" dans ce marché de dupes qu'est la 4ème licence mobile... Après que l'ARCEP ait pourtant rendu un avis très favorable à une ouverture de la concurrence (voir leur rapport complet suite aux consultations publiques effectuées depuis cet été), le camouflet vient de tomber, dans une news du JDN qui reprend Le Figaro, on n'attend plus que son officialisation lundi 20 mais c'est du tout-cuit : la 4ème licence m
obile de téléphonie mobile 3G sera dépecée en blocs et réservée aux opérateurs existants. C'est à dire ceux-là même qui ont assiégé le gouvernement et l'Elysée pour éviter l'attribution de la 4ème licence à un nouvel entrant qui aurait probablement bousculé leurs grilles tarifaires.
Les grands mouvements de manche de Xavier Niel (voir ici ou là pour plus d’infos sur leur stratégie de communication), les demandes toutes justifiées des opérateurs alternatifs intéressés, et bien il faut croire qu’une main sur l’épaule dans une coulisse fait plus d’effet. Comment croire en effet un seul instant que cette volonté affichée par le gouvernement ne soit pas le résultat d’un lobbying effréné, alors que le pouvoir d’achat des Français exige de la concurrence dans un secteur verrouillé par des proches de l’Etat (Bouygues est un quasi-parent de Sarkozy, France Telecom a pour actionnaire l’Etat), et où les prix sont plus chers qu’ailleurs en Europe.
D’autres belles idées mourront avec cette décision purement politique, comme celle de la couverture du territoire (pourquoi les opérateurs existants se réveilleraient-ils maintenant ?), de la fracture numérique, de la stimulation du marché…
Les victimes ? On pense de prime abord à Free, qui s’était déjà cassé les dents en 2007, alors seul candidat, mais sans moyens financiers suffisant… re-belote donc cette année pour le groupe, qui exigeait encore un étalement du paiement de la licence (619 millions d’euros à l’achat, plus le double d’investissements). Mais Free a d’autres cordes à son arc (avec le Wimax notamment, mais aussi la fibre optique). Les opérateurs alternatifs sont donc les véritables perdants dans l’affaire, balayés d’un geste de main par un « deal » opérateurs historiques / Etat qui n’arrangera pas les consommateurs.
Car il y a des gagnants, évidemment, et la victoire des historiques est totale, écrasante, si jamais l’annonce officielle du Plan Numérique 2012 (lundi 20, par le Président en personne) confirme les informations du Figaro. Non seulement Orange, Bouygues et SFR voient-ils la menace d’un nouvel opérateur s’éloigner, mais en plus, ils récupèrent le reste du butin, c’est à dire les fréquences en jeu. Si les opérateurs historiques ont réussi ce tour de force, c’est probablement parce qu’ils ont accepté la contrepartie du « deal » : accepter la taxe envisagée par l’Etat pour financer les chaines de télévision publiques, qui perdront d’ici 3 ans les revenus de la publicité.
L’information sera donc officialisée dans le cadre du Plan Numérique 2012 préparé par Eric Besson et présenté par Nicolas Sarkozy ce lundi 20 octobre, un avis différent relèverait du miracle… il n’y a plus qu’à faire les fonds de tiroir et à continuer à jalouser nos voisins européens, tous mieux lotis.
17:56 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 3g, 4ème licence, lobbying, opérateurs historiques
03.10.2008
Quelques pistes sur les candidats les moins médiatisés
Vu dans le Nouvel Obs, version numérique :
"Un nouvel opérateur mobile, et vite!" Telle est, selon La Tribune, la demande adressée par le régulateur des télécoms à Bercy. Pour optenir ce quatrième opérateur, l'Arcep demande une baisse du prix de la licence, actuellement fixé à 619 millions d'euros. Cette baisse de prix s'accompagnerait de conditions moins favorables que pour les trois premiers entrants (Orange, SFR et Bouygues). Le quotidien cite, parmi les groupes qui pourraient être intéressés par cette licence, Free, Bolloré, Altitude, Kertel et Inquam."
Des noms qui sortent enfin un peu de l'information mainstream qui veut que Free soit seul candidat en lice ! En creusant un peu plus sur les autres candidats, voilà un peu ce que l'on peut en dire par rapport à la 3G :
- Bolloré : Le groupe dirigé par un (très) proche de Sarkozy avait l'air plus porté sur le Wimax que la 3G...mais ils ont de quoi payer, et de quoi jouer de l'influence en coulisses également
- Altitude : Très présent sur les licences Wimax régionales, a noué quelques partenariats en villes de province également, axé sur les entreprises et les collectivités (un marché dont la presse parle trop peu).
- Kertel : l'Oedipe de Free, son Masque de Fer, l'ancienne filiale qui aurait bien envie de mettre au tapis son ancienne maison-mère. Très présent sur les cartes prépayées, a sorti une offre intéressante en téléphonie mobile (ZeMobile). Axe son envie de 3G sur la nécessité de couvrir le territoire. Pourrait jouer un joli coup avec sa popularité dans les communautés d'immigration (Maghreb notamment)
- Inquam : le plus discret d'entre tous, d'origine allemande et également détenteur de licences Wimax (en Allemagne et en Europe de l'Est). Si vous arrivez à obtenir plus d'infos sur ce groupe je suis preneur !
16:22 Publié dans Les candidats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : free, bolloré, kertel, inquam, altitude, 4ème licence, 3g
02.10.2008
Quand les Bouygues Boys parlent de la 4ème licence, c'est vite fait bien fait !
C'est juste parce que ça m'a fait rire de voir une info de cette importance pour le groupe Bouygues (dont fait partie LCI, via TF1) traitée de manière aussi chaste :
"Dans un entretien aux «Echos», le Premier ministre François Fillon a déclaré qu'une décision concernant l'attribution d'une quatrième licence de téléphonie mobile de troisième génération (3G) sera prise début 2009. Il a précisé que le gouvernement travaille «d'arrache-pied avec trois objectifs» : obtenir plus de concurrence pour faire baisser les prix et avoir une meilleure offre de services, ne pas brader les intérêts de l'Etat et assurer la couverture maximale du territoire."
C'est tout ce que l'on peut savoir sur la 4ème licence sur le site "d'informations" d'un des principaux opposants à l'attribution d'une 4ème licence... pas bavard, pour une fois ! Bah, c'est pas plus mal, quand ils l'ouvrent...
17:12 Publié dans La fabrique de l'information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bouygues, lci, 4ème licence, 3g
01.10.2008
3G : le serpent de mer poursuit son chemin !
Une info qui fait mal, une info qui sent les tractations en coulisses, bref, une mauvaise info au sujet de la 3G : le gouvernement ne se décidera pas avant début 2009 sur l'attribution de la 4ème licence de téléphonie mobile de 3ème génération... Le Premier ministre, interivewé par les Echos, et repris par le journal du Net, précise :
"Nous travaillons d'arrache-pied avec trois objectifs. Le premier est d'obtenir plus de concurrence pour faire baisser les prix et avoir une meilleure offre de services. Le deuxième est de ne pas brader les intérêts de l'Etat. Enfin, nous voulons assurer la couverture maximale du territoire"
On en apprend donc un peu sur cette histoire qui décidément, est sans fin.
1. La concurrence : doit-on rire de cet objectif annoncé au vu du lobbying (et du silence !) des 3 opérateurs hi
storiques sur la question ? Cette annonce d'un délai encore allongé n'est-il pas signe que rien ne presse, surtout pour les grands ?
2. Ne pas brader les intérêts de l'Etat. Effectivement. Si Free s'était cassé les dents sur les prix de la licence, François Fillon a l'air de dire que les conditions de vente de la 4ème licence ne seront pas forcément "adoucies". L'Etat a un besoin criant de rentrées d'argent, en raison d'une gestion calamiteuse et de la crise financière, et ne peut pas vraiment se permettre de vendre à moins de 619 millions d'euros. Free, qui a déjà beaucoup dépensé, trouvera t-il les financements en période de resserrement du crédit ? pas sûr.
3. La couverture du territoire. Là, ça devient intéressant. La polémique des chiffres entre couverture de la population et couverture du territoire revient sur le devant de la scène : cette 4ème licence doit servir également à couvrir des zones pas forcément très rentables pour les opérateurs, ces zones o la couverture est encore mal assurée, et pour cause, la France compte de nombreux déserts... mais nous sommes dans une démocratie qui exige que le type de service assuré par les opérateurs téléphoniques soit sur l'ensemble du territoire, de manière à ne léser aucun citoyen. Une belle idée, qui fait reculer les plus avides : pourquoi casser sa tirelire pour couvrir des personnes isolées ? Je reviendrai sur ce sujet de la couverture du territoire prochainement, c'est important.
En bref, le serpent de mer de la 4ème licence poursuit ses contorsions !
17:16 Publié dans histoire de la 4e licence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 4ème licence, 3g, couverture du territoire, 2009, concurrence, arcep
23.09.2008
4ème licence 3G : les candidats
Ayant assez peu de temps en ce moment pour approfondir mes (petites) enquêtes sur la 3G, voici tout de même de quoi alimenter le débat. Aujourd'hui, donc, petit point sur les candidats en lice pour l'acquisition de la 4ème licence. J'avais évoqué précédemment les cas de Bouygues, de Free, mais il faut arriver à voir derrière la partie émergée de l'iceberg. Le 30 septembre, l'ARCEP doit rendre son verdict quant aux modalités de l'appel d'offres, notamment en ce qui concerne le lotissement de la 4ème licence, et l'on sait déjà qu'un découpage en plusieurs petits lots sous certaines conditions permettrait à certains d'entrer sur ce marché très prometteur.
Les historiques : Bouygues, Orange et SFR. Aucun scrupule à les ranger dans le même sac, avec Free en embuscade pas loin, mais son cas est légèrement différent. Les trois grands opérateurs de téléphonie mobile sont à la fois détenteurs de licence 3G (depuis 2001 pour Orange et SFR et 2002 pour Bouygues) et candidats potentiels : l'ARCEP pourrait découper les lots de la 4ème licence de manière à réserver quelques fréquences a
ux historiques, histoire qu'ils ne se sentent pas complètement lésés par l'arrivée d'un éventuel 4ème opérateur. Les trois acteurs font feu de tout bois pour contrer cette arrivée qui briserait leur monopole, et leurs ententes sur les prix.
Le cas de Free. Complètement particulier, on ne peut plus considérer le groupe de Xavier Niel comme un "petit" au vu de sa présence dans l'ADSL (rachat d'Alice cet été), de sa communication tapageuse (les fameux "1000 euros" d'économie, etc), mais ce n'est pas tout à fait un "gros" non plus, n'étant présent que sur l'ADSL pour le moment. Free, déjà débouté l'année passée sur le même dossier, a déjà beaucoup dépensé, et pourrait être débordé entre la stratégie de groupe des historiques et la réactivité des "petits".
Les petits acteurs. C'est ce qui m'intéresse le plus, car la surprise pourrait venir de ce côté-ci. On en trouve un certain nombre, déclarés ou non, je vous les présente de manière exhaustive car l'appel d'offres pour un marché de la taille de la 3G laisse beaucoup de place à la communication... et rien ne garantit qu'un "déclaré" ira réellement à la bataille, ni qu'un "retiré" ne s'aligne pas sur la grille de départ.
Nous trouvons donc dans cette catégorie d'acteurs de petite taille mais très intéressés :
Kertel
, déclaré intéressé à la fin du mois d'août. A rempli la consultation publique de l'ARCEP dans laquelle on sent une forte volonté d'acquérir un lot de cette 4ème licence si les conditions sont favorables. Trop petit ? L'histoire des marchés, de la finance, est pleine de ces acteurs apparemment pas assez armés... et qui finissent par tout rafler. Pour rappel, le chiffres d'affaires de Free avant son entrée dans l'ADSL était comparable à celui de Kertel... quand un trublion finit par chasser l'autre. Pour le cas de Kertel, nous avons même droit à un Oedipe version numérique, Kertel étant une ancienne filiale de... Free. "Tuer le père", comme on dit ! Et avec 18 millions d'utilisateurs de cartes prépayées en France, Kertel , le spécialiste de ce type de cartes, possède une expertise intéressante à faire valoir sur la 3G.
Numéricâble, officiellement "retiré", mais les jeux de communiqués et de rumeurs ne permettent pas de considérer que le groupe s'est retiré pour de bon d'un appel d'offres qui n'a de toute façon pas encore lieu. Attendons de voir. En janvier, Numéricable était toujours perçu comme le principal adversaire potentiel de Free, et comme le groupe n'a pas réussi à racheter Free, il n'a plus le choix, stratégiquement : la 4ème licence ou un rachat prochain...
Virgin, fort d'un million d'abonnés sur le mobile, a déjà croisé le fer avec Free, et refuse d'être considéré comme hors-jeu. Après avoir démonté le calcul des 1000 euros d'économie de Free, Virgin a aussi su contrer les attaques de Free sur la non-rentabilité des MVNO. Virgin s'est déclaré favorable à l'attribution d'une 4ème licence.
Bolloré est également un candidat possible. Unique détenteur d'une licence Wimax nationale, le groupe a du savourer son coup quand l'Union Internationale des Télécoms a décidé que le Wimax était désormais un standard de la téléphonie 3G... Bolloré a donc une carte à jouer !
Les candidats sont donc très nombreux, et contrairement à ce qu'estime Free qui s'est auto-proclamé seul candidat officiel en lice, la partie sera probablement beaucoup plus animée qu'un simple duel "historiques vs. Free".
12:34 Publié dans Les candidats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 4ème licence, 3g, orange, bouygues, sfr, free
12.09.2008
Free ou le (mauvais) jeu des 1000 euros
Les chiffres sont probablement la donnée la plus manipulable par des acteurs peu scrupuleux de respecter une certaine impartialité, et en voici encore un exemple frappant, au sujet de la très convoitée 4ème licence de téléphonie mobile 3G, un marché juteux, car c’est celui de l’Internet mobile à haut débit. Les deux news qui suivent, prisent ensemble, donnent un arrière goût amer de communication à la limite du mensonge, nous prenant nous, consommateurs « contraints » de forfaits de téléphonie, un peu plus pour des vaches à lait sans une once de cervelle. Eh bien ça tombe mal, car aujourd’hui, j’ai décidé de croiser les infos et de ressortir ma calculette. Et je n’ai pas été déçu du résultat.
La première news qui m’avait étonné, c’était l’annonce, fin août, des « 1000 euros d’économie » (par foyer et par an) promis par Xavier Niel, PDG d’Iliad-Free, le candidat le plus insistant dans la course à la 4ème licence. Faute de soutiens politiques, Free communique sur sa proximité avec le problème majeur des consommateurs, celui du pouvoir d’achat. Et on allait voir ce qu’on allait voir : "C’est ça qu’on propose, je ne vois pas qui peut être opposé à cela !" (même source).
J’attends quelques éclaircissements, car ces fameux 1000 euros, tout d’abord, nous ne sommes pas près d’en voir la couleur, en tout cas pas avant 2011, de l’aveu de Xavier Niel lui-même, quelques jours après et encore, "dans un scénario idéal". C'est à dire si Bouygues, SFR et Orange décident de le laisser faire et d'accepter de perdre des parts de marché ? Excusez-moi d'être sceptique ! Première désillusion, donc.
La seconde est venue d’un très officiel rapport émanant de Bercy, repris par les Echos, que l’on sait attaché à l’ent
rée d’un 4ème acteur sur la marché de la 3G, et pour cause, Bercy sait fort bien que cela rapportera une manne inespérée à un Etat dont les caisses sont vides, comme trop souvent. Ce rapport nous indique donc que dans le cas où un 4ème opérateur verrait le jour, la baisse des prix des forfaits ne serait que de 7%. Déjà une belle avancée dans un contexte d’inflation, mais de -7% à 1000 euros, il y a une marge que seul Free a osé franchir. Car les précisions apportées par Bercy permettent de faire quelques calculs.
Free a basé son chiffre magique sur un forfait 3G illimité, aux alentours de 60 euros. Les 1000 euros représentant le gain annuel pour un ménage équipé de 3 forfaits, nous avons donc un montant annuel par foyer égal à :
60 x 3 x 12 = 2160 euros
Si Free nous promet 1000 euros d’économies, c’est donc que notre facture annuelle sera de 1160 euros, et le calcul inverse nous mène au forfait mensuel par personne :
1160/12/3 = 32 euros
Donc, des forfaits illimités à 32 euros. Moi, je veux bien, mais proposer un forfait data illimité moitié moins cher, cela me semble financièrement impossible. Mais nous reviendrons sur ce chiffre un peu plus bas. Car il va falloir prendre en compte le second chiffre donné par les experts de Bercy, la baisse de -7%, et là, donc, notre forfait actuel de 60 euros passerait seulement à… 55 euros (arrondis à l’unité inférieure).

Bien, alors, qui des deux est le plus porté à l’affabulation ? Et bien si l’on s’en tient aux précisions apportées par Bercy et aux finances de Free, vous obtiendrez la réponse tout seul ! Si le Minéfi estime la baisse à 7%, c’est en prenant compte des réalités du marché de la 3G pour tout nouvel entrant :
- un investissement de 800 millions d’euros sur 4 ans
- 12% du C.A annuel à consacrer aux « investissements récurrents » (entretien du réseau existant)
- une part de marché possible de 12% en six ans, plus réaliste que les 20% annoncés par Free (les concurrents, ça concourent)
Bien. Du côté de Free maintenant, voici un peu ce que l’on trouve en fouillant sur Internet, les dépenses sont toujours très importantes avec :
- 800 millions pour le rachat des 400 000 abonnés ADSL d’Alice cet été
- 1 milliard d’euro planifié pour le développement de la fibre optique
- un CA fin août d’un peu moins de 700 millions d’euros
Le groupe a donc déjà utilisé par mal de cartouches, et si la 4ème licence leur était attribuée, les investissements à consentir seraient aussi importants. En période de resserrement du crédit, pour trouver autant d’argent, cela risque de se compliquer, et le marché de l’ADSL sur lequel Free est numéro 2 commence à ralentir sa croissance…
Donc les 1000 euros d’économies, le forfait à 30 euros, tout ça… il ne faudra pas trop compter dessus, et encore, c’est sans compter le jeu des acteurs existants pour verrouiller le marché ! Et moi qui croyait que rêver ne coûtait rien...
17:27 Publié dans lobbying et autres filouteries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : free, 1000 euros, calcul, 3g, 4ème licence, bercy, sfr
11.06.2008
Devinez quoi, c'était il y a un an
18:35 Publié dans histoire de la 4e licence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : free, 4ème licence
16.04.2008
Le saucissonnage expliqué aux novices
ça vient directement du MagIT, qui tente d'expliquer les dessous du lotissement de la 4eme licence, évidemment, un tel découpage n'est pas neutre, et avantage un certain parrain du fils du président.
Mais les motivations d’un saucissonnage de la quatrième licence 3G n’en restent pas moins floues : Bouygues Telecom, Orange et SFR ne manquent pas de fréquences ; en 2006, l’Arcep les a autorisés à réutiliser les fréquences du GSM pour étendre leur couverture 3G. Le magazine Challenges avance une explication : le magazine indique que « ami personnel de Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues aurait conclu un marché avec l’Elysée. » Au programme, deux cadeaux : « la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public, favorable à TF1… et l’abandon de la quatrième licence [3G]. » De fait, l’attribution d'environ 5 MHz duplex à un nouvel entrant dans la bande étendue des 900 MHz permettrait à Bouygues Telecom de se rapprocher de l’équilibre par rapport à Orange et SFR : ces deux derniers ne disposeraient plus, dans cette bande étendue des 900 MHz, en zone très dense, que d'environ 10 MHz duplex chacun contre 12,4 MHz duplex actuellement, là où Bouygues Telecom se contente de 9,8 MHz duplex en bande étendue. Un chiffre qui ne bougerait pas après la redistribution des cartes consécutives à l'arrivée de Free. Déjà, en août 2008, l’UFC-Que Choisir avait fustigé les conditions financières d’attribution de la quatrième licence 3G, se rangeant du côté de Free : là où Christine Lagarde, ministre de l’Economie, des finances et de l’emploi, invoquait le principe d’égalité entre opérateurs, l’association de consommateur ne voyait qu’un « faux argument qui cache en réalité une protection des opérateurs en place (qui n’ont pas hésité à faire […] un chantage à l’emploi) au détriment des consommateurs. »
Bravo, vraiment. C'était notre série "s'il fallait encore douter", bon week-end quand même.
18:01 Publié dans lobbying et autres filouteries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lots, 4ème licence, tactique, bouygues




