03.10.2008

Quelques pistes sur les candidats les moins médiatisés

Vu dans le Nouvel Obs, version numérique :


"Un nouvel opérateur mobile, et vite!" Telle est, selon La Tribune, la demande adressée par le régulateur des télécoms à Bercy. Pour optenir ce quatrième opérateur, l'Arcep demande une baisse du prix de la licence, actuellement fixé à 619 millions d'euros. Cette baisse de prix s'accompagnerait de conditions moins favorables que pour les trois premiers entrants (Orange, SFR et Bouygues). Le quotidien cite, parmi les groupes qui pourraient être intéressés par cette licence, Free, Bolloré, Altitude, Kertel et Inquam."

Des noms qui sortent enfin un peu de l'information mainstream qui veut que Free soit seul candidat en lice ! En creusant un peu plus sur les autres candidats, voilà un peu ce que l'on peut en dire par rapport à la 3G :

- Bolloré : Le groupe dirigé par un (très) proche de Sarkozy avait l'air plus porté sur le Wimax que la 3G...mais ils ont de quoi payer, et de quoi jouer de l'influence en coulisses également

- Altitude : Très présent sur les licences Wimax régionales, a noué quelques partenariats en villes de province également, axé sur les entreprises et les collectivités (un marché dont la presse parle trop peu).

- Kertel : l'Oedipe de Free, son Masque de Fer, l'ancienne filiale qui aurait bien envie de mettre au tapis son ancienne maison-mère. Très présent sur les cartes prépayées, a sorti une offre intéressante en téléphonie mobile (ZeMobile). Axe son envie de 3G sur la nécessité de couvrir le territoire. Pourrait jouer un joli coup avec sa popularité dans les communautés d'immigration (Maghreb notamment)

- Inquam : le plus discret d'entre tous, d'origine allemande et également détenteur de licences Wimax (en Allemagne et en Europe de l'Est). Si vous arrivez à obtenir plus d'infos sur ce groupe je suis preneur !

23.09.2008

4ème licence 3G : les candidats

Ayant assez peu de temps en ce moment pour approfondir mes (petites) enquêtes sur la 3G, voici tout de même de quoi alimenter le débat. Aujourd'hui, donc, petit point sur les candidats en lice pour l'acquisition de la 4ème licence. J'avais évoqué précédemment les cas de Bouygues, de Free, mais il faut arriver à voir derrière la partie émergée de l'iceberg. Le 30 septembre, l'ARCEP doit rendre son verdict quant aux modalités de l'appel d'offres, notamment en ce qui concerne le lotissement de la 4ème licence, et l'on sait déjà qu'un découpage en plusieurs petits lots sous certaines conditions permettrait à certains d'entrer sur ce marché très prometteur.

Les historiques : Bouygues, Orange et SFR. Aucun scrupule à les ranger dans le même sac, avec Free en embuscade pas loin, mais son cas est légèrement différent. Les trois grands opérateurs de téléphonie mobile sont à la fois détenteurs de licence 3G (depuis 2001 pour Orange et SFR et 2002 pour Bouygues) et candidats potentiels : l'ARCEP pourrait découper les lots de la 4ème licence de manière à réserver quelques fréquences aistockphoto_5061098-competition.jpgux historiques, histoire qu'ils ne se sentent pas complètement lésés par l'arrivée d'un éventuel 4ème opérateur. Les trois acteurs font feu de tout bois pour contrer cette arrivée qui briserait leur monopole, et leurs ententes sur les prix.

Le cas de Free. Complètement particulier, on ne peut plus considérer le groupe de Xavier Niel comme un "petit" au vu de sa présence dans l'ADSL (rachat d'Alice cet été), de sa communication tapageuse (les fameux "1000 euros" d'économie, etc), mais ce n'est pas tout à fait un "gros" non plus, n'étant présent que sur l'ADSL pour le moment. Free, déjà débouté l'année passée sur le même dossier, a déjà beaucoup dépensé, et pourrait être débordé entre la stratégie de groupe des historiques et la réactivité des "petits".

Les petits acteurs. C'est ce qui m'intéresse le plus, car la surprise pourrait venir de ce côté-ci. On en trouve un certain nombre, déclarés ou non, je vous les présente de manière exhaustive car l'appel d'offres pour un marché de la taille de la 3G laisse beaucoup de place à la communication... et rien ne garantit qu'un "déclaré" ira réellement à la bataille, ni qu'un "retiré" ne s'aligne pas sur la grille de départ.
Nous trouvons donc dans cette catégorie d'acteurs de petite taille mais très intéressés :


Kerteloedipe et le sphinx_2.gif, déclaré intéressé à la fin du mois d'août. A rempli la consultation publique de l'ARCEP dans laquelle on sent une forte volonté d'acquérir un lot de cette 4ème licence si les conditions sont favorables. Trop petit ? L'histoire des marchés, de la finance, est pleine de ces acteurs apparemment pas assez armés... et qui finissent par tout rafler. Pour rappel, le chiffres d'affaires de Free avant son entrée dans l'ADSL était comparable à celui de Kertel... quand un trublion finit par chasser l'autre. Pour le cas de Kertel, nous avons même droit à un Oedipe version numérique, Kertel étant une ancienne filiale de... Free. "Tuer le père", comme on dit ! Et avec 18 millions d'utilisateurs de cartes prépayées en France, Kertel , le spécialiste de ce type de cartes, possède une expertise intéressante à faire valoir sur la 3G.


Numéricâble, officiellement "retiré", mais les jeux de communiqués et de rumeurs ne permettent pas de considérer que le groupe s'est retiré pour de bon d'un appel d'offres qui n'a de toute façon pas encore lieu. Attendons de voir. En janvier, Numéricable était toujours perçu comme le principal adversaire potentiel de Free, et comme le groupe n'a pas réussi à racheter Free, il n'a plus le choix, stratégiquement : la 4ème licence ou un rachat prochain...


Virgin, fort d'un million d'abonnés sur le mobile, a déjà croisé le fer avec Free, et refuse d'être considéré comme hors-jeu. Après avoir démonté le calcul des 1000 euros d'économie de Free, Virgin a aussi su contrer les attaques de Free sur la non-rentabilité des MVNO. Virgin s'est déclaré favorable à l'attribution d'une 4ème licence.


Bolloré est également un candidat possible. Unique détenteur d'une licence Wimax nationale, le groupe a du savourer son coup quand l'Union Internationale des Télécoms a décidé que le Wimax était désormais un standard de la téléphonie 3G... Bolloré a donc une carte à jouer !

Les candidats sont donc très nombreux, et contrairement à ce qu'estime Free qui s'est auto-proclamé seul candidat officiel en lice, la partie sera probablement beaucoup plus animée qu'un simple duel "historiques vs. Free".