31.08.2008
Du lobbying à tous les étages : bienvenue dans le monde de la 4e licence
Un article intéressant de Gaëlle Macke sur le lobbying de tous les acteurs au sujet de la 4e licence, car, oui, tous en sont, historiques comme alternatifs, à faire courbette et suppliques à "qui il faut" (le gouvernement, en l'occurence). Vu les connexions en haut lieu de tous ces dirigeants, il y a lieu de s'inquiéter ! Alors qu'un appel d'offre suppose de choisir le meilleur, et non pas le mieux connecté (sans jeu de mots), la lutte pour la 4e licence prend un tour politique qui, de mon point de vue, n'apporte rien de bon, si c'est pour faire le même type de "cadeau" que la télé publique sans pub pour faire monter l'action de TF1 (groupe Bouygues)...
Enfin, voici ce qu'en dit la journaliste de Challenges : "l'arbitrage est éminemment politique et le lobbying des Orange, SFR et Bouygues Telecom (dont le propriétaire Martin Bouygues est un intime du président Nicolas Sarkozy) est féroce".
En y regardant de plus près, c'est franchement un bel embrouillamini, cette histoire, si l'on prend les acteurs un par un, on trouve inévitablement des connexions avec les milieux politiques et règlementaires, ce qui n'augure rien de bon.
Bouygues, pour parler du plus évident, c'est tout vu, Martin Bouygues est un grand pote de Sarkozy, ça a la limite c'est son droit, mais quand on voit les cadeaux auxquels le groupe à droit, de la construction de nouvelles prisons eu "transfert" d'une partie de la pub des télés publiques, allez, tiens, pourquoi pas une 4e licence 3G. Quand on voit les "efforts" de Bouygues Telecom pour s'entendre avec Orange et SFR, ça promet au mieux une stagnation des tarifs, au pire la poursuite de leur inflation sans que personne n'y puiss rien dire ! Gaelle Macke avait déjà souligné les risques de collusion entre Bouygues et les décideurs politiques dans un article publié en avril, dont je vous restitue quelques morceaux : "Son lobbying auprès de l'Elysée est connu dans le microcosme des télécoms, où l'on dit que le chef de l'Etat reçoit une lettre par semaine et des coups de fils réguliers de son ami sur le sujet. Les cyniques évoquent un marché: pour compenser son refus d'une fusion entre Areva et Alstom, réclamée par son actionnaire Bouygues, le président aurait fait deux "cadeaux" au patron, soit la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public, favorable à sa filiale TF1... et l'abandon de la 4e licence, pour ne pas déstabiliser son autre filiale Bouygues Telecom." Tout est dit. Et une louche de plus dans une interview d'Edouard Barreiro, en charge des NTIC et des télécoms à l'UFC Que Choisir :"Il faut bien se rendre à l'évidence que les décisions prises à l'Elysée sont fonction des amitiés de Nicolas Sarkozy. Même si les arrangements entre amis ne concernent pas que les télécoms. Tout cela s'explique aussi par le lobbying des opérateurs. Le citoyen ne peut plus tolérer qu'on fasse les lois pour les entreprises…". Eh ben... En tout cas, Si Bouygues est le plus actif en coulisse, c'est que c'est évidemment celui qui a le plus à perdre dans l'histoire.
Les autres opérateurs ne sont pas en reste, SFR-Orange (et Bouygues, toujours), ont su s'entendre comme il fallait par le passé, et peuvent faire valoir auprès des autorités des dizaines de milliers d'emplois à protéger d'une concurrence qui, évidemment, délocaliserait de facto certains éléments en vu de rester "compétitif"... Ils y pensent, à la somme que dépensent les ménages en téléphonie grâce à leurs coups en douce ? Et puis France Telecom n'est-il pas propriété de l'Etat (à 27,3%)
Free également est mis à l'index dans l'article de Gaelle Macke, qui précise, "le directeur général d'Iliad Maxime Lombardini, lui-même infatigable dévoué à la cause dans les couloirs du Parlement et les cabinets ministériels...". Elle sert à quoi l'ARCEP, du coup ? Pourquoi sur un sujet qui devrait :
1. faire rentrer 2 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat
2. diminuer considérablement la dépense télécoms des citoyens
ne pas organiser un référendum ? Nous sommes tous concernés, et le "public" dans son ensemble, gouvernants et gouvernés, avons à y gagner, alors faisons valoir nos droits pour une compétition libre de toute affinité entre personnes bien placées.
16:58 Publié dans lobbying et autres filouteries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lobbying, free, sfr, bouygues, orange, 4e licence
Sondage PCInpact sur la 3G

15:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 3g, 4e licence, sondage
15.08.2008
Prix de la licence : pourquoi elle doit baisser
Deux infos trouvés dans le rapport de l'ARCEP sur la situation (enviable) des télécoms au 1er trimestre 2008 :
3G : 6,6 millions d’abonnés ont utilisé les services 3G au T1 (soit 12% des abonnés)
Facture moyenne (€ HT/mois) : 36,1 € par ligne fixe / 27,2 € par client mobile
C'est aussi pour ça que le prix de la 4e licence doit être revue à la baisse, ou au moins étalé. Les 3 opérateurs présents sur la 3G ont eu le temps de se gaver, et leur ancrage commence à se faire sentir (prégnance des pubs SFR sur la 3G). Pourquoi ceux qui toquent à la porte presque 7 ans après (les licences avaient été attribuées en 2000 à ORange et Sfr et en 2002 à Bouygues) devraient-il payer le même prix ?
Soulignons au passage que c'est François Loos, ministre délégué à l'Industrie, alors, qui avait refusé mordicus que le prix soit baissé... au profit de l'Etat-vendeur ? de l'Etat-actionnaire ? On ne sait plus trop...
On pourra également se rappeler opportunément que c'est grâce à une baisse des prix que Bouygues avait pu accéder à la licence deux ans après... mais comme le dit bien un commentaire repéré sur la Toile, "On la baisse pour bouygues, mais faut surtout pas la baisser pour free.
Y'a une difference entre aider les copains, et aider une boite concurrente des copains, hein".
17:44 Publié dans le prix de la licence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 3g, nouveaux entrants, historiques, loos, droit d'entrée
08.08.2008
MVNO et manque de concurrence : l'avis de l'ARCEP
Saisi par le gouvernement, le Conseil de la concurrence a renduce midi un avis dans lequel il analyse les raisons pour lesquelles les MVNO n’exercent aujourd’hui qu’une faible pression concurrentielle sur le marché de détail de la téléphonie mobile. L’Autorité rend donc public l’avis qu’elle a rendu au Conseil de la concurrence sur les freins au développement des MVNO sur le marché de détail de la téléphonie fixe.
"L’Autorité estime que les pratiques contractuelles [par lequelles opérateurs de réseau sont susceptibles de prévenir l’émergence du jeu concurrentiel, et de maintenir les MVNOdans leur état de dépendance initiale], et leur survivance en dépit de quatre années de transactions sur le marché et d’un parc de clients non-négligeable, limitent fortement la capacité des opérateurs virtuels à offrir le complément d’animation concurrentielle qui peut être le leur sur certains marchés étrangers".
L’Autorité conclut son avis :
"les pratiques [décrites dans cet avis] soulèvent de véritables enjeux de droit de la concurrence renvoyant plus largement à l’examen, par le Conseil, d’un éventuel état de dépendance économique tenant à l’absence d’autonomie technique, commerciale et économique des MVNO vis à vis de leurs opérateurs hôtes".
Permettez moi de rajouter qu'avec ce qu'il se passe sur la 4ème licence, ça ne risque pas de changer ! Enfin que peut on attendre d'une bande de copains qui verrouille un secteur de la sorte ????
17:31 Publié dans concurrence (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : concurrence, mvno, mobiles, oligopole




